
Le jour de la naissance de Simon Bisley, le 4 mars 1962, marqua l'une des heures les plus sombres de la Grande-Bretagne, à tel point que l'Empire porta le deuil. Ils savaient que "quelque chose" était venu au monde et que leur "Réputation Souveraine" serait discréditée dès qu'on apprendrait que l'un des plus grands dessinateurs de fantastique résidait sur leur sol.
Alors qu'il est encore étudiant, Simon Bisley envoie une illustration (un robot tenant un enfant) au magazine britannique 2000 AD. A ses débuts notamment, ses oeuvres sont fortement marquées par un humour terriblement noir et grinçant et par un goût prononcé pour l'ultra-violence. Interpellé par son style, Pat Mills créateur de 2000 AD lui fait signer un contrat après ses études pour travailler durant plusieurs années sur ABC Warriors, Slaine, Judge Dredd et Stories for Crisis. Ses oeuvres et son talent seront remarqués, outre atlantique, par les éditions américaines DC Comics qui l'engageront pour travailler sur Lobo, Batman, Doom Patrol, Sandman et Swamp Thing.
Son style inimitable fait la part belle aux musculatures massives et hypertrophiées, aux monstres hideux et grotesques, à un usage abondant et toujours recherché de la couleur ( il mélange aussi bien peinture et airbrush que les encres). Toujours, ses mises en scène trahissent un goût pour la démesure. Il s'inspire autant de ses maîtres, tels que
Richard Corben ou
Frank Frazetta que des couvertures des albums rock et des graffitis ou encore de l'art traditionnel de la bande dessinée.
Côté jeux vidéo, nous lui devons cinq illustrations qui témoignent de son influence avouée pour Frank Frazetta et Bill Sienkiewicz. Ce sera tout d'abord Gods, suivi de Blade Warrior, Terminator Rampage, Weapon Lord et enfin, Heavy Metal Geomatrix.
Simon Bisley a dessiné un nombre inimaginable de pin-ups et est intervenu, même si c'est brièvement, dans une variété époustouflante de bandes dessinées allant de l'anthologie légendaire du fantasy Heavy Metal à la série du superhéros Lobo de chez DC. Mais c'est en Europe que son CV est le plus long, là où son style est le plus apprécié et où il rencontre le plus de succès.
Aujourd'hui, on croit savoir qu'en dépit des souhaits de la Reine, Simon Bisley vit toujours au Royaume-Uni avec sa ravissante épouse Karen, sa charmante fille Drue, son fils turbulent Jake et un chat nommé ... Lobo.