mardi 23 janvier 2018

Rébecca Dautremer

Rébecca Dautremer est née le 20 août 1971 à Gap dans les Hautes-Alpes. Il n’y a pas la télévision chez elle et lorsque la famille s’en procure une, les enfants n’ont pas le droit de la regarder. Pour s’occuper, très jeune, elle commence donc à dessiner et souvent dans les agendas de l’année précédente, que son père lui récupère. En grandissant elle se passionne pour la photographie et c’est naturellement qu’elle s’oriente, après son bac, vers le design et le graphisme en suivant des cours dans une école de communication visuelle.
En 1990 elle quitte les Hautes-Alpes et s’inscrit à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris (ENSAD) dans la section graphisme. C’est au cours de sa formation, qu’un professeur d'illustration la conseille à l’éditeur Gautier-Languereau, qui cherche quelqu’un pour illustrer de l’imagerie, des coloriages, des décalcos. Bref des choses simples...
Rébecca alors âgée de 24 ans, se présente son dossier sous le bras. Elle y rencontre la directrice artistique avec qui elle sympathise immédiatement et c’est là qu’elle décroche son premier emploi. Les mois passent et dès sa sortie de l'école, la maison d'édition lui confie l'illustration d'un premier album (L’Enfant espion 1995), puis d'un second (La Chèvre aux loups 1996). Rebecca commence alors à travailler pour d'autres éditeurs et gagne peu à peu en notoriété.
C'est comme ça que, au bout de 4-5 ans, alors que sa première intention était plutôt d'être graphiste, elle s’aperçoit qu’elle travaille dans l'illustration et qu’elle est donc devenue illustratrice. Le hasard et la chance sont passés par là et la machine est lancée. Rébecca abandonne définitivement le graphisme et se tourne vers le domaine de l’illustration pour la jeunesse.
Elle réalise ses illustrations à la gouache sur du papier aquarelle. Elle aime l’odeur de la gouache et connaît la réaction du matériau avec le papier, l’eau, le grattage, les transparences, les surépaisseurs… Parfois, elle retouche ses dessins, elle les triture, les découpe, les gratte, les plie, les déchire, les salit… Ses inspirations sont le cinéma et la photographie et elle use et abuse des techniques qui sont propres à ces disciplines, s’aide de polaroïd, de scènes instantanées et de livres de photographies.
Si son année la plus faste est 2003, avec L’Amoureux couronné par le prix Sorcières en 2004 et le Coup de Cœur RTL jeunesse, c’est l’année suivante qu’elle publie son plus gros succès, Princesses oubliées ou inconnues sur un scénario de Philippe Lechermeier. Suivront ensuite de nombreux albums édités par exemple chez Didier Jeunesse, Hachette, Magnard ou encore Flammarion, sans oublier son Artbook, qui montre l'ensemble de son travail, aux éditions du Chène (2009). Mentionnons également Une Bible, projet insolite et impressionnant, une nouvelle fois avec Philippe Lechermeier chez Gautier-Languereau (2014), ou encore Dautremer (et vice-versa) en 2015 chez Tishina et Le Bois dormait en 2016 chez Sarbacane.
Véritable touche-à-tout, ses projets sont variés. L’écriture avec la réalisation d’une pièce de théâtre, l’illustration de CD de musique, la publicité, les costumes des adaptations en pièces de théâtre de certains de ses albums, la scénographie pour d'autres spectacles, l’enseignement à l'École Émile-Cohl ou encore la direction artistique d'un film d'animation.
Aujourd’hui, grâce à ses succès et la qualité de ses ouvrages, elle a réussi à dépasser les frontières de l'univers jeunesse et à toucher et atteindre un public plus adulte. Un coup d’œil suffit à reconnaître son style unique. Artiste exigeante, généreuse et éprise de liberté, elle cherche toujours à repousser ses limites, gardant la fraîcheur et la modestie de qui remet son ouvrage sur le métier, depuis déjà plus de 20 ans ! Ses originaux au format géant, véritables œuvres d’art recherchées par les collectionneurs, deviennent pour petits et grands les pages d’albums à contempler des heures, sans se lasser.
Rébecca Dautremer travaille chez elle à Paris et collabore souvent avec son mari, l’auteur Taï-Marc Le Thanh. Maman de trois enfants elle retourne, en été, dans sa région natale.