Dans la nuit du 18 au 19 mai 1997, une ou plusieurs personnes se sont introduites par effraction dans la Médiathèque de Sedan, dans les Ardennes, et ont volé 11 originaux d'une exposition d’oeuvres de l’univers Tolkien réalisées par John Howe. Il ne s'agissait pas d'un simple vol à l'arraché, le voleur avait choisi les œuvres qu'il préférait, brisé les cadres et les vitres et retiré les passe-partout, probablement pour enrouler les originaux.
Peu de temps après, peut-être quelques semaines, la médiathèque a reçu un appel téléphonique anonyme d'un homme se présentant comme le père du voleur. Selon lui, son fils avait volé les originaux et il proposait d'essayer de les récupérer s'il le pouvait. L'appel avait été passé depuis un café et la police n'a pas pu trouver de témoins.
Quelques jours ou semaines plus tard, un homme s'est présenté à la Médiathèque et a laissé un tube d'expédition ordinaire à la réceptionniste, insistant pour qu'il soit remis au directeur de l'établissement. Il a téléphoné plus tard dans la journée depuis un autre café (encore une fois, aucun témoin) et a expliqué qu'il avait réussi à récupérer huit des originaux, mais que les trois autres se trouvaient chez la petite amie de son fils. Il promettait d'essayer de les récupérer, mais n'était pas optimiste. C'est la dernière fois qu'on a entendu parler de lui. Fin de l'histoire, ou du moins de cette partie.
Sur les huit originaux retournés, l'un était irrémédiablement endommagé, le tableau de Minas Tirith tiré du calendrier Tolkien de 1991. Les sept autres avaient été roulés, leurs bords et leurs coins étaient déchirés et pliés et ils avaient été globalement maltraités. Un ou deux étaient recouverts de cire de bougie, et pour couronner le tout, les policiers pour y relever les empreintes digitales, les avaient saupoudrés recto et verso, avec une poudre gris foncé tenace, que John Howe et son épouse ont mis plusieurs jours à enlever, avant de pouvoir retoucher les œuvres elles-mêmes. Ce fut un processus assez laborieux. The Dark Tower, par exemple, avait été exposée à la pluie en plus d'être pliée et abîmée.
Les trois tableaux qui n'ont jamais été retrouvés sont Gandalf the Grey, The Uruk-hai et Éowyn and the Nazgûl.
Tout cela est loin derrière l’artiste aujourd’hui, mais John Howe s'interroge encore sur les contradictions fondamentales que cela implique. De toute évidence, il s'agit d'un admirateur de son travail, mais pourquoi privilégier le vol plutôt que de visiter l'exposition, sachant pertinemment que voler l'œuvre d'un artiste est la pire chose que l'on puisse lui faire, à part la détruire sur place. C'est un mélange d'insensibilité et d'admiration, d'irréflexion et de dévotion qu’il a toujours du mal à comprendre.
Peu de temps après, peut-être quelques semaines, la médiathèque a reçu un appel téléphonique anonyme d'un homme se présentant comme le père du voleur. Selon lui, son fils avait volé les originaux et il proposait d'essayer de les récupérer s'il le pouvait. L'appel avait été passé depuis un café et la police n'a pas pu trouver de témoins.
Quelques jours ou semaines plus tard, un homme s'est présenté à la Médiathèque et a laissé un tube d'expédition ordinaire à la réceptionniste, insistant pour qu'il soit remis au directeur de l'établissement. Il a téléphoné plus tard dans la journée depuis un autre café (encore une fois, aucun témoin) et a expliqué qu'il avait réussi à récupérer huit des originaux, mais que les trois autres se trouvaient chez la petite amie de son fils. Il promettait d'essayer de les récupérer, mais n'était pas optimiste. C'est la dernière fois qu'on a entendu parler de lui. Fin de l'histoire, ou du moins de cette partie.
Sur les huit originaux retournés, l'un était irrémédiablement endommagé, le tableau de Minas Tirith tiré du calendrier Tolkien de 1991. Les sept autres avaient été roulés, leurs bords et leurs coins étaient déchirés et pliés et ils avaient été globalement maltraités. Un ou deux étaient recouverts de cire de bougie, et pour couronner le tout, les policiers pour y relever les empreintes digitales, les avaient saupoudrés recto et verso, avec une poudre gris foncé tenace, que John Howe et son épouse ont mis plusieurs jours à enlever, avant de pouvoir retoucher les œuvres elles-mêmes. Ce fut un processus assez laborieux. The Dark Tower, par exemple, avait été exposée à la pluie en plus d'être pliée et abîmée.
Les trois tableaux qui n'ont jamais été retrouvés sont Gandalf the Grey, The Uruk-hai et Éowyn and the Nazgûl.
Tout cela est loin derrière l’artiste aujourd’hui, mais John Howe s'interroge encore sur les contradictions fondamentales que cela implique. De toute évidence, il s'agit d'un admirateur de son travail, mais pourquoi privilégier le vol plutôt que de visiter l'exposition, sachant pertinemment que voler l'œuvre d'un artiste est la pire chose que l'on puisse lui faire, à part la détruire sur place. C'est un mélange d'insensibilité et d'admiration, d'irréflexion et de dévotion qu’il a toujours du mal à comprendre.

